Autoroutes ASF : amélioration des continuités écologiques du réseau autoroutier de Loire (42)

Les différents Grenelle de l’Environnement ont reconnu le phénomène de fragmentation des habitats comme l’une des causes majeures du déclin de la biodiversité. En effet, les espèces ont besoin de se déplacer dans le paysage pour réaliser leur cycle de vie : recherche de nourriture, reproduction, migration, etc.), mais différents aménagements réduisent les possibilités. C’est notamment le cas des grandes infrastructures linéaires de transport dont les effets, par la réduction des échanges biologiques, peuvent être très importants sur la viabilité des populations des espèces terrestres mais aussi volantes.

Ces enjeux sont aujourd’hui retranscris par les dispositifs de la Trame Verte et Bleue et de la séquence Eviter-Réduire-Compenser (ERC).


C’est dans ce contexte que VINCI Autoroutes s’est engagé depuis de nombreuses années dans la préservation de la biodiversité, avec la volonté de rétablir les continuités écologiques. Différents programmes de requalification environnementale volontaires (Paquet Vert Autoroutier 2009-2012, Contrat de Plan 2012-2016, Plan de Relance Autoroutier 2015-2018) ont vu le jour, permettant la mise en œuvre de nombreux aménagements en faveur des continuités écologiques. Au total, 180 M d’euros ont été investis en 8 ans. Plus de 150 ouvrages en faveur de la faune (15 écoponts, 113 écoducs et aménagements au sein d’ouvrages hydrauliques, 6 conversions d’ouvrages, 14 aménagements piscicoles et 3 chiroducs) sont recensés aujourd’hui sur les 4 500 km du réseau ASF.


Passage à faune, Chambéon (42)

©G. Bret


Face à la complexité scientifique et technique du sujet, VA travaille depuis de nombreuses années avec des partenaires locaux (bureaux d’études spécialisés, en lien avec des associations de protection de la nature ou des fédérations de chasse. Dans la plupart des cas, la sélection des sites s’appuie sur la TVB des documents cadres, confortée par des diagnostics écologiques locaux. Cependant, la seule expertise terrain ou l’analyse à dire d’expert de la connectivité structurelle ne permet pas toujours d’appréhender les processus impliqués à moyennes et larges échelles dans des situations complexes, et ainsi de prioriser et justifier quantitativement les bénéfices engendrés par de nouveaux ouvrages.Pour répondre à cet enjeu, il est indispensable de conforter les études préalables au dimensionnement des ouvrages favorables à la biodiversité par une écologie scientifique basée sur la connectivité fonctionnelle. Celle-ci s’intéresse aux mouvements et aux interactions des espèces, et vise à comprendre le rôle de la matrice paysagère dans les flux biologiques et les échanges métapopulationnels.


Pour cela, la théorie des graphes offre un cadre d’analyse et permet de mesurer des indicateurs de connectivité propres aux réseaux écologiques. La présente étude, menée par Ubiquiste et Arp-Astrance, vise donc à appliquer sur le réseau VINCI Autoroutes une approche méthodologique, basée sur les graphes paysagers, et proposée dans Tarabon (2020) puis Tarabon et al. (2021). Ces récents travaux sur la prise en compte des continuités écologiques dans la séquence ERC offrent en effet de nouvelles perspectives. Utilisée dans un cadre prospectif, la modélisation permet de prédire sous certaines conditions la réponse d’un réseau écologique à une modification d’occupation ou d’usage des sols, pouvant être représentés notamment par des passages à faune. L’objectif est de caractériser les impacts tant positifs que négatifs en comparant différents indicateurs de l’état de fonctionnement des réseaux d’habitats. À une échelle territoriale cohérente, cela permet notamment d’identifier les connexions qui contribuent à la connectivité générale et mettre en œuvre des mesures spécifiques adaptées aux enjeux.


Pour cette étude, le réseau autoroutier ASF du département de la Loire (42), où 4 aménagements pour la faune ont déjà été mis en place entre 2015 et 2018, a été retenu comme site expérimental (cf. carte suivante). Les objectifs sont multiples et consistent à :

  • Hiérarchiser des ouvrages d’art existants dont la vocation n’est a priori pas en faveur de la faune (ouvrages hydrauliques, de dessertes, etc.) mais dont la localisation est stratégique au sein des réseaux écologiques, afin de guider de futures études des fonctionnalités réelles des ouvrages et des potentialités d’amélioration ;

  • Identifier les secteurs pertinents pour la création de nouveaux passages à faune en “questionnant” d’une part la localisation des 4 ouvrages aménagés sur le réseau depuis 2015 et d’autre part en ciblant les autres secteurs où les enjeux de défragmentation sont également important.

Enfin, l’objectif de cette nouvelle vision de la biologie de la conservation, plus intégrée aux dynamiques territoriales à large échelle, est de construire de dialogue, d’aide à la décision et d’implication des parties prenantes complémentaire aux pratiques usuelles lors de la conception des projets un espace.



Client | VINCI Autoroutes

Équipe | Ubiquiste / Arp-Astrance

Durée | 2022

Localisation | Loire (42)