Urbanisation de la métropole de Toulouse en 2040 : une démarche anticipée de la séquence ERC

Simon Tarabin, dans le cadre de ses travaux R&D, a mené une étude avec le CEEM à Montpellier sur l'intégration de la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC) dans le cadre des réflexions stratégiques d'urbanisation de la Métropole de Toulouse à l'horizon 2040.


Le champ de l’urbanisme et notamment des documents d’urbanisme n’intègre aujourd’hui que partiellement les enjeux de préservation de la biodiversité, ce qui peut expliquer les défaillances dans l’application de l’évitement des zones à forts enjeux et de la compensation des impacts induits notamment par l’urbanisation des territoires. Le développement d’une stratégie de la séquence ERC (Éviter–Réduire–Compenser à l’échelle de territoires implique que le choix des mesures ne doit plus uniquement se faire au regard du potentiel intrinsèque de chaque site, mais de celui des réseaux écologiques.

La connaissance des territoires et de ses dynamiques est un prérequis essentiel à toute forme d’anticipation et de planification des stratégies de conservation de la biodiversité. Il est donc nécessaire d’étudier conjointement les dynamiques urbaines et écologiques afin d’éviter en priorité les secteurs à forts enjeux et d’organiser ensuite de manière pertinente la compensation pour s’assurer d'atteindre l’objectif de non-perte nette des différentes composantes de la biodiversité.


Avec le concours du laboratoire de recherche CEEM à Montpellier, l'étude avait pour objectif d'anticiper les besoins urbains futurs sous différents scénarios de développement (étalement urbain vs densification) et de sélectionner les stratégies de compensation écologique les plus pertinentes par rapport aux continuités écologiques du territoire. Nous avons couplé pour cela la modélisation dynamique urbaine à l'horizon 2040 et celle des réseaux écologiques d'un grand nombre d'espèces pour évaluer les impacts de l'urbanisation sur la connectivité écologique des réseaux d'habitats et sélectionner les sites les plus favorables pour créer ou restaurer les habitats d'espèces impactés.


L'étude montre en outre que l'utilisation du foncer privé (et non seulement du foncier maitrisé, public) peut maximiser la connectivité des habitats puisque la localisation de certaines parcelles pourrait être plus avantageuses en générant des gains de connectivité plus élevés.

L'utilisation de ratios de décalage standard qui ignorent les problèmes de connectivité est très risquée sans évaluation spécifique de l'absence de perte nette sur le volet fonctionnel de la biodiversité.



L'étude a été menée dans le cadre des travaux R&D, en partenariat avec les laboratoires de recherche IMBE, CITERES, CEEM et Soberco Environnement. Le travail a été valorisé dans un article publié dans une revue internationale à comité de relecture (Landscape and Urban Planning ; Cf. Section "Publications").


Projet R&D partenarial | IMBE / CITERES / CEEM / Soberco Environnement

Durée | 2019 – 2020

Localisation | Métropole de Toulouse (31)